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Baisse des dons en 2018 : Le début d'une révolution ?

Baisse des dons en 2018 : Le début d'une révolution ?

Par Etienne Grosjean, fondateur de ShopnDon 

 

Photo by Mika Baumeister on Unsplash

 

Depuis le début de l'année, les associations multiplient les mises en garde car le montant des dons a connu une chute spectaculaire de 150 millions d'euros en 2018. A titre d'exemples, le Secours Catholique a vu ses revenus liés aux dons diminuer de 50 % (- 4,5 millions d'euros) et 60 % pour l'institut Pasteur (- 3 millions d'euros). La Ligue contre le Cancer a également vu ses dons baisser d'environ 8 millions d'euros et Les Petits Frères des pauvres de 3 millions.

La raison principale : le remplacement de l'ISF par l'IFI. Jusqu'alors, les 342 000 foyers assujettis à l'ISF avait la possibilité de profiter d'une déduction de 75 % du montant de leur don sur le montant de leur impôt. L'IFI ne concernant que les biens immobiliers, 200 000 foyers, précedemment taxés par l'ISF, se sont retrouvés exonérés.

Mais au-delà de la suppression de l'ISF, l'augmentation de la CSG a directement impacté les retraités, poussant 20 % des retraités à réduire, cesser ou reporter un don. Les plus de 60 ans représentant 53 % des donateurs, les répercussions sont conséquentes pour les associations.

A tout cela s'ajoute le prélèvement à la source qui n'a aucune conséquence sur le don mais a créé un flou pour les contribuables qui les a incités à geler leurs projets de dons.

 

Un appel au changement

 

Cette baisse de générosité est bien évidemment une mauvaise nouvelle pour les associations dont la marge de manœuvre risque de se limiter à court terme.

Mais au-delà d'une simple évolution fiscale, elle est le symbole qu'il est temps d'adapter le passage à l'acte du don à l'époque actuelle. Le fait que 53 % des donateurs ont plus de 60 ans, à l'heure où les lycéens s'engagent en masse pour le climat, ressemble à une incongruité. Depuis des décennies le don ne se résume trop souvent qu'à un moyen supplémentaire de réduire ses impôts, reléguant au second plan la cause pour laquelle l'argent est donnée. Ce système avantageait les plus grosses associations puisque les donateurs n'étaient pas dans la démarche de rechercher l'association qui correspondrait le plus à leurs engagements. 

Il est donc temps de révolutionner le don et de le transformer non plus en moyen d'optimisation fiscale mais en véritable engagement citoyen, sociétal et surtout personnel.

Ainsi, en ciblant des individus ne recherchant nullement à économiser de l'argent mais souhaitant réellement soutenir une cause qui leur tiendrait à cœur, la cible des donateurs évoluerait naturellement vers un public plus large et, de fait, l'âge moyen des donateurs diminuerait.

Pour rendre cette transition possible, il est important de faciliter l'accès à l'information afin que chacun puisse trouver en quelques clics l'association à laquelle sera apportée son soutien. A ce titre, la digitalisation du don, grâce à ses coûts accessibles et à son fort potentiel d'audience, apparaît comme l'atout n°1 pour les associations.