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Dons pour Notre-Dame : pourquoi une telle générosité ?

Dons pour Notre-Dame : pourquoi une telle générosité ?

Par Etienne Grosjean, fondateur de ShopnDon 

 

15 avril 2019, les flammes dévorent Notre-Dame et plongent Paris dans la stupeur. Comme un symbole, la flèche de Viollet-de-Duc s’effondre et laisse à tous craindre la destruction d’un monument que l’on pensait immortel.

Les dons affluent de toutes parts. Plus d’1 milliard d'euros sont collectés en seulement 3 jours, avec quelques dons fortement médiatisés comme les 200 millions offerts par la famille Arnault ou les 100 millions de la famille Pinault.

Quelques voix s’élèvent pour critiquer cette générosité subite, ciblée sur une cause matérielle et non humaine. Car les dons reçus pour Notre-Dame atteignent un niveau exceptionnel, plus élevé que la somme des dons reçus sur une année entière par les 10 plus grandes associations françaises.

 

Une générosité qui s’explique

S’il est tout à fait louable de s’interroger face aux montants exceptionnels de ces dons et de s’inquiéter du manque de répartition vers d’autres causes en recherche eux aussi de financements. Cette générosité a une explication d’une logique implacable.

Elle s’explique tout d’abord par le symbole qu’est devenu Notre-Dame au fil du temps. Au-delà de ce qu’elle représente pour les chrétiens de France, la cathédrale, dont la construction a débuté au XII° siècle, est devenue une emblème de Paris, au même titre que la Tour Eiffel. Elle représente l’histoire et la culture, autant pour les parisiens de longue date que pour les simples touristes. L’image de l’effondrement d’un édifice dont on s’était tant habitué à la présence au point de le croire éternel, ne peut que renvoyer à la fragilité même de l’existence.

Cet élan de générosité s’explique aussi par le caractère soudain et brutal de l’événement. Les dons auraient été bien moindre si Notre-Dame s’était détériorée de l’usure naturelle du temps. En témoigne la collecte de fonds lancée en 2017 par l’archevêché qui recherchait 100 millions d’euros auprès d’investisseurs privées étrangers pour faire face aux dégradations progressives causées par les intempéries et la pollution.

Mais ce qui a réellement fait la différence est la couverture médiatique exceptionnelle de l’événement. Une campagne RP d’une incroyable efficacité. Les images ont choquées jusque dans le monde entier. A chaque tragédie exceptionnelle couverte par les médias, comme le tsunami en Indonésie de 2004 par exemple, les dons atteignent des montants extraordinaires en des temps records.

En conclusion, les dons à Notre-Dame sont une excellente nouvelle parce qu’au delà de permettre la restauration de Notre-Dame, ils prouvent la générosité et l’engagement des français. Mais ils sont aussi la preuve que l’information se répartie mal et laissent les dons se concentrer sur les causes les plus médiatisées. La solution est simple : Aider les associations à obtenir plus de visibilité pour que chacune puisse trouver les donateurs qui les soutiendraient et obtenir les fonds nécessaires pour mettre en place ses actions comme cela a été rendu possible, grâce aux médias, pour Notre-Dame.

E.G.